Il n’y aura pas de pauvre chez toi.

Deut 15,4 — Parole de Dieu

Le sappel

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1er octobre 2016 : engagement a vie de Céline et Philippe

le 1° octobre 2016, en l'église de l’Épiphanie, aux Minguettes (Vénissieux), Philippe et Céline se sont engagés pour la vie dans la Communauté du SAPPEL... Voici le texte qu'ils ont lu lors de cette célébration où plus de 500 personnes les ont accompagnées dans leur démarche.

 

                      Mot lu pour nos engagements

                               dans la Communauté du Sappel

                    

            Notre histoire avec le Sappel a commencé il y a 12 ans, nous vivions alors à St Hugues de Biviers, près de Grenoble : c'est là que nous avons entendu parler du Sappel pour la première fois par Pierre Davienne qui animait alors un week-end de gestuation (récitatifs bibliques). Le témoignage de Pierre nous avait alors touchés au cœur. Il rejoignait en fait un désir profond qui nous habitait depuis notre mariage mais que nous avions laissé en veille jusque-là : engager notre vie auprès des plus rejetés. Nous étions aussi à ce moment-là de plus en plus interpellés par les Évangiles, par la radicalité avec laquelle Jésus invite à rejoindre les plus pauvres et les plus exclus et à partager leur vie.

         

            Nous nous sommes donc sentis appelés à connaître davantage ce qui se vivait au Sappel. Nous sommes allés une semaine à la Maison du Sappel, dans l'Ain, en juillet 2004 pour vivre une retraite avec des familles du Quart-Monde venue de toute la France. Et nous avons été saisis, séduits même, par la fraternité qui se vivait, par l'écoute et la place donnée à chacun, par la joie d'être ensemble, simplement, par la manière de vivre l'Évangile ensemble. Cette première rencontre avec vous, familles du Quart-Monde, nous avait alors profondément marqués, nous étions bouleversés par vos vies blessées, si dures, et aussi par votre combat et votre espérance au cœur de ces réalités.

            Nous vous avions rencontrés, nous ne pouvions plus vous oublier, faire comme si cette retraite était une parenthèse dans notre vie. Il nous apparaissait que la rencontre avec vous, les plus pauvres, devenait pour nous chemin de vie  et chemin vers Dieu.

           

            Alors, nous avons voulu nous approcher encore un peu plus et c'est ainsi que nous sommes arrivés à Chuzelles.

À travers le groupe de prière, les Journées Familiales, les Dimanches du Sappel, les ateliers, la catéchèse dans les familles, nous avons appris à nous connaître les uns les autres. Petit à petit, nous sommes entrés dans la famille du Sappel, cette communauté d'Église où chacun offre aux autres ce qu'il est, partage ce qu'il vit, sa foi, ses questionnements, en se mettant à l'école du plus fragile....

 

Mais comme l'a dit le Pape François lors de notre pèlerinage à Rome cet été, c'est vous qui connaissez la pauvreté qui nous faites le plus grand cadeau : vous nous donnez Jésus lui-même. Nous sommes infiniment reconnaissants de tout ce que vous nous donnez, de ces moments uniques que nous partageons ensemble où nous goûtons aux prémices du Royaume de Dieu.

        

            Nous avons aussi peu à peu découvert la vie avec vous, membres engagés dans la Communauté, approfondi ensemble ce qui nous unissait : ce désir de lier, dans un même mouvement, notre vie au Christ et aux familles vivant l'exclusion. Merci pour la manière dont vous nous avez accueillis dans la Communauté, permis d'y trouver notre place, merci pour tout ce que vous nous avez apporté durant toutes ces années, source de croissance et de joie pour nous.

 

            Nous avons eu la joie de vivre ce chemin avec vous, nos enfants, et de sentir combien le Sappel  était et semble être encore aujourd'hui un lieu de vie et de joie pour vous... même si parfois notre engagement prend beaucoup de place dans notre vie familiale. Cette vie fraternelle vécue au Sappel nous a façonnés, construits en famille... comme la maison bâtie sur le roc.

           

            Si nous devions dire par un Évangile ce que nous expérimentons au Sappel, ce serait cette Béatitude  que Jésus dit à ses disciples après leur avoir lavé les pieds : « Heureux êtes-vous si vous le faites ». 

Chaque jour, humblement, nous essayons de nous mettre au service les uns des autres, au pied de chacun, comme si nous avions tout à recevoir de lui, chacun à son tour maitre et serviteur de l'autre. Peut-être même que nous ne savons plus qui est le maitre et qui est le serviteur, nous sommes frères et sœurs, œuvrant pour que le plus écrasé soit debout, sache qu'il a part avec le Christ. C'est tellement source de joie quand nous parvenons à le vivre.

            Sur ce chemin avec vous, nous nous tenons souvent au pied de la croix où se mêlent mort et résurrection, souffrance et joie, ténèbres et lumière, échec et victoire, désolation et consolation. C'est parfois difficile de vivre ces tensions mais nous sommes habités par l'espérance que la vie est plus forte que la mort et cela nous l'apprenons à vos côtés. Et la louange qui monte quand nous sommes réunis est porteuse de cette espérance.

                 

            Nous sommes souvent maladroits dans nos relations, nous avons du mal à nous comprendre, à nous rejoindre vraiment, nos vies étant tellement différentes. Nous nous sentons souvent démunis. Mais, comme le dit St Paul : « La puissance s'accomplit dans la faiblesse », nous expérimentons que nos fragilités sont une force car elles nous obligent à l'amour et à la miséricorde, elles nous obligent à avoir besoin les uns des autres, à avoir besoin de Dieu.

           

            Aujourd'hui, nous choisissons de nous engager à vie dans la Communauté du Sappel, au cœur de l'Église. De nous lier à vous, Communautaires,  Compagnons,  animateurs,  amis du Sappel et de la paroisse de Vénissieux, et bien sûr à vous familles du Quart-Monde, unis dans le Christ et par lui. Ce chemin nous remplit tellement que nous ne pouvons pas nous arrêter en route. « Tu m'as séduit et je me suis laissé séduire ... Il était dans mon cœur comme un feu brûlant ... je me suis fatigué à le contenir et je n'ai pas pu. » dit le prophète Jérémie. Non, nous ne pouvons contenir cette promesse de joie.

           

                        Il est vrai que cet engagement définitif nous fait parfois un peu peur, mais nous savons que nous ne sommes pas seuls, vous êtes là pour nous accompagner de votre confiance, de votre amitié et de vos prières. Et nous nous rappelons que le Seigneur ne cesse de nous répéter : « Ne craignez pas, je suis avec vous »

Alors, nous osons cette confiance, nous laissant conduire par le Seigneur.

Nous bénissons le Seigneur de nous appeler sur ce chemin et nous lui disons : « Donne-nous ta grâce, elle seule nous suffit ».

           

                        Amen et merci ! 

 

Céline et Philippe BRES

            

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