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Vive le Seigneur ! Béni soit mon Rocher !

Publié le : 2 mars 2025

Des liens infernaux m’étreignaient : j’étais pris aux pièges de la mort.
Et lui m’a dégagé, mis au large, il m’a libéré, car il m’aime.
Vive le Seigneur ! Béni soit mon Rocher !
Psaume 17 (18)

Vraiment le Seigneur est bon et ce cri nous échappe. C’est un cri qui nous tire hors de nous, nous soulève au-dessus de notre misère, nous
fait habiter l’espérance.

Avec le psalmiste, les plus pauvres nous enseignent ce cri, ce merci jailli des ténèbres, cette louange au creux des détresses et des épreuves. Et ce cri est la voix vivante, concrète, tangible, de l’espérance. Il sort de nos coeurs sans même que nous l’ayons pensé, il nous entraîne plus loin, nous replonge dans la confiance infinie en un Dieu d’amour, il nous fait relever la tête. C’est des plus écrasés que jaillit cette louange, qui peut sembler intolérable, inaudible, et pourtant ils sont les premiers à dire « merci ». La louange est ce mouvement de l’Esprit en nous qui nous sauve, elle est l’élan qui se tourne résolument vers la lumière alors même que nous étions enfouis, environnés de ténèbres. Cri insensé et pourtant bien réel, qui vient sauver celui qui le pousse en le remettant entre les mains de Dieu, en lui donnant du même coup la grâce, la force de traverser, de supporter l’épreuve. C’est le coeur même de l’espérance, non pas l’espérance d’un monde à venir, l’attente d’un hypothétique royaume, mais celle qui bâtit le royaume ici, maintenant, aujourd’hui, celle qui le rend plus proche, le découvre un instant. Miracle que ce cri qui sort du noir, où personne ne l’attendait. Par son surgissement, il renverse l’ordre établi, remet les choses à leur place et nous replace, du même coup, sur la ligne de la vie: oui le Seigneur est grand et son amour dure toujours. C’est l’espérance vécue, incarnée, qui ne se sait peut-être même pas elle-même mais qui porte le monde à bout de bras ; relèvement, jaillissement de l’élan de vie, trésor le plus précieux qui habite chacun, si puissant qu’il fait reculer les ténèbres, renvoie les nuages. Il jaillit, et nous sommes sauvés, et nous nous remettons debout, et nous reprenons le combat. Une mort de vaincue, et tant d’autres encore à venir, mais certitude mystérieuse qu’elles n’auront pas le dernier mot.

Je pense à cette chanson de Gaël Faye, Respire, où dans le refrain, « respire » et « espère » se répondent, en viennent à se confondre. Les plus pauvres ne nous enseignent pas autre chose: l’espérance est vitale, ou plutôt elle est vie. Elle nous donne le souffle qui nous manque si souvent. Et la vie est espérance, chaque respiration est un nouvel acte de foi, de confiance en cette vie sans cesse donnée, en cette vie-traversée jusqu’au dernier passage, vers ce lieu où les ténèbres n’existent plus, où elles n’ont plus aucun pouvoir.

Blandine Brès
Sappel – Lyon

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