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POUR APPROFONDIR LA PENSÉE DU PÈRE JOSEPH WRÉSINSKI
Les 17 et 18 mai 2025, nous avons vécu un week-end de formation au Châtelard (69), ayant pour thème : Avec Joseph Wresinski, une théologie à l’épreuve des plus pauvres. Nous étions une soixantaine de participants de toute la France, proches d’ATD Quart-Monde ou membres de mouvements d’Église issus de la pensée de Joseph Wresinski. L’occasion d’une belle plongée dans la pensée théologique de Joseph Wresinski, modelée par son expérience avec les personnes du Quart-monde.
Voici un résumé de l’essentiel de cette formation, transmis par Blandine Brès.
Nous avons réentendu que la rencontre de ceux qui sont poussés au bord du monde nous ramène aux fondamentaux de l’existence, de la relation. Ce retour à l’essentiel, au lieu source, nous met en route et fait de nous des pèlerins et des croyants en exode, sans cesse à la recherche des exclus, de ceux qui appellent depuis les bords du monde. Le primat de la relation à ceux qui nous manquent exprime la dimension de l’alliance nouée entre Dieu et les hommes, cette alliance qui ouvre à une relation qui appelle sans condition préalable.
Cette recherche du plus pauvre est une marche incessante, elle nous mène toujours plus loin aux confins de l’humanité, elle nous tient en éveil.
Ce qui a été caché aux sages et aux savants a été révélé aux tout-petits, ou encore à ceux qui n’ont pas la parole selon le mot grec. Ainsi, cette révélation ne peut se diffuser que s’il y a une rencontre entre les tout-petits et ceux qui ont la parole et pourront la transmettre. Ce choix de Dieu de confier aux tout-petits ce qui a été caché aux sages nous incite, nous oblige à une alliance.
Se laisser instruire par ceux qui sont privés de la parole ne peut advenir que dans une relation, une vraie rencontre, une écoute sincère et vraie.
Pour le Père Joseph, la présence réelle de Jésus dans tout ce qui fait la vie des hommes fait de chacune de nos vies des lieux saints. L’eucharistie n’est pas un mémorial mais une actualisation permanente de la passion, le renouvellement permanent de la mort d’un pauvre. L’eucharistie nous rend présent au Christ crucifié et à tous les méprisés de l’histoire, car le ressuscité glorieux et le pauvre humilié, ce sont les mêmes. Communier au corps d’un humilié nous engage sur le chemin de ceux qui n’ont pas de place parmi nous, nous invite à une communion au corps des exclus d’aujourd’hui. Ainsi, l’eucharistie nous rend proche de ceux pour qui il n’y a pas de place parmi nous. Car quand le Christ vient nous visiter, il n’est jamais seul : il porte toujours en lui nos frères et soeurs les plus pauvres de la terre.
Ainsi, la rencontre avec le plus pauvre est une rencontre qui bouscule et questionne sans cesse. Elle nous presse, nous oblige, nous engage. Le Christ s’est identifié au plus pauvre. C’est là que nous pouvons tous nous retrouver, dans nos faiblesses, nos failles, dans la souffrance que l’on porte, que l’on a traversée et rencontrée au cours de notre existence. Si ce qui nous réunit est ce qui appelle et crie famine en nous, alors nous avons tous notre place entre les mains du Père.
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